Mahsa Amini« Un collectif de citoyens de la commune est à l’origine de la création de la statue, qui a été financée grâce à une campagne organisée par le Collectif Laïcité Yallah, qui regroupe des personnes ayant un héritage musulman, croyantes et non-croyantes, attachées notamment à l’universalité des droits humains et à l’émancipation des femmes.
|
|
L'œuvre se trouve au 93 Avenue Charles Thielemans, 1150 Bruxelles |
L’œuvre représente une tête stylisée, au cou allongé pour accentuer le port de tête et exprimer la fierté et les mèches de ses cheveux largement étalés symbolisent un chemin vers une ambition, un rêve, a expliqué vendredi son auteure. La cage sans barreaux qui entoure la tête de Mahsa Amini fait croire à une liberté accessible. Le socle est volontairement élevé de telle façon que le regard d’un homme de taille moyenne coïncide avec la ligne du regard de la statue et qu’il ne puisse pas la regarder de haut. L’ajout d’une autre cage symbolise toutes les autres formes d’oppression à travers le monde avec la volonté des personnes de s’en échapper, a encore souligné Laurence Remacle ». Extrait article du 15/092023 par Belga (édité par Maxime Willocx rtbf) |
|
Elle m’accroche l’œil, m’invite à la regarder : terre cuite, bronze brut, cette femme aux multiples attitudes et regards déconcerte.
Une sculpture de bronze vêtue m’intrigue : les lignes souples, sensuelles, presque juvéniles modèlent dans l’espace un corps délicat, les volumes s’équilibrent en douceur et le cou harmonieux porte un visage perdu dans un monde intérieur. Dans l’atelier, les corps se livrent au spectateur, l’artiste y traque le réalisme d’une partie ou plus encore : pieds, jambes, seins…Mais toujours avec retenue et discrétion : mains derrière le dos, ou rejointes, paume contre paume, jambes, pieds juxtaposés. |
|
Les corps s’exposent, tout en retenue. Le regard des œuvres, lui, s’évade, accompagné d’un tendre sourire de mère, d’amante, de femme.
Les visages des sculptures de Laurence contrastent avec le langage des corps, paradoxe décalé, en tête à tête. Qui d’entre nous ne connait pas ce dilemme entre corps et pensée ? L’artiste scrute, cherche à rendre le détail pour restituer une part d’humanité, nous faire partager sa vision, son émotion. |
|
Plus loin, une petite statuette se replie sur elle-même : de la plante des pieds crispée à la nuque courbée, c’est une plainte sourde, un abandon qui se traduit dans le langage des formes. Le titre évoque, invoque « la Lune », astre femme. Le monde de Laurence est à coup sûr celui des femmes, dans leur diversité, dans leur fragilité.
Chantal Tombu, historienne de l'Art, Kinshasa |